Du mal à maigrir: la faute au cerveau ?

Le cerveau ennemi du régime?

Que se passerait-il s’il suffisait de le vouloir pour réussir à mincir ? Nous serions tous minces et sveltes. Et si au contraire les régimes étaient loin d’être efficaces ? On a beau se mettre au sport ou s’affamer, il y a bien souvent un hic dans la course à la perte de poids. Et ce hic, c’est notre cerveau.

En effet, il est programmé pour un certain poids qui lui parait être le bon -celui auquel il est habitué- et tolère quelques changements en plus ou en moins sans s’affoler. Mais si on dépasse ce seuil de variation d’environ 5 à 8 kg, il fera tout pour y revenir, dans un sens comme dans l’autre. Il ne faut pas oublier que le poids est une question de survie. La perte de poids selon une étude publiée dans l’International Journal of Obesity est identifiée comme un problème par le cerveau. Si vous maigrissez de façon importante, cela déclenchera un état d’alerte pour le cerveau qui fera en sorte de se rapprocher le plus possible du poids initial. Pour cela, le cerveau a tout un tas de mécanismes à disposition : augmenter la faim, limiter les signaux de satiété…

Rester mince est un autre défi. Même si vous parvenez à maigrir, vous aurez du mal à ne pas regrossir et à maintenir votre poids idéal. Le corps dispose d’une «thermogénèse adaptative», il s’adapte, limitant les dépenses énergétiques ou en stockant plus ou moins de calories en prévision d’autres privations.

C’est encore plus dur, d’après cette autre étude publiée dans l’International Journal of Obesity qui suggère qu’au régime, la nourriture parait plus attrayante et qu’il est donc plus difficile d’y résister. La cause serait une molécule NPLG ( Neurosecretory protein GL) capable d’exciter ou de calmer les neurones ayant pour conséquence d’augmenter l’appétit si on mange peu et de le limiter si on mange beaucoup, déclenchant une sorte d’auto-contrôle. Là encore, l’objectif est de maintenir la masse grasse pour des raisons de métabolisme optimal.

Dans cette étude, les conclusions présentées dans la revue Endocrinology, ont comparé l’expression de la NPLG sur trois groupes de mammifères nourris avec des régimes différents sur des périodes variables. Ceux qui recevaient un régime basses calories sur 24H voyaient leur taux de NPLG grimper et donc augmenter l’appétit, ceux soumis à un régime riche en graisses durant 5 semaines avaient aussi un taux de NPLG réduit et donc un appétit moindre. Un troisième groupe nourri avec beaucoup de matières grasses sur une longue période a fini par avoir un taux moyen de NPLG. De même, si on injecte directement cette protéine NPGL à ces mammifères, leur prise alimentaire augmente.

Cela met en évidence le rôle majeur du cerveau sur les mécanismes de l’appétit et de l’énergie. Mais cela montre aussi que de longues périodes de nourriture trop riche étouffent la capacité naturelle de la NPLG à réguler la production de leptine (hormone de satiété), l’empêchant de jouer son rôle de garant du poids de santé.

De plus en cas de régime, le stress augmente, ce qui provoque une hausse de cortisol et favorise encore plus le stockage et la prise de poids. Alors même si vous vous êtes fixé un objectif minceur précis, sachez que votre cerveau, lui, n’en a que faire !

Sources: Huffington Post, Adaptive thermogenesis in humans, Michael Rosenbaum and Rudolph L. Leibel, International Journal of Obesity. Endocrinology 28, April 2017 DOI: 10.1210/en.2017-00064  Neurosecretory protein GL, a hypothalamic small secretory protein, participates in energy homeostasis in male mice : Food & Nutrition Research. Photo Shutterstock.com/VGstockstudio.

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