Interview croisée Stephen Vs Markus

Deux amateurs passionnés nous racontent leur parcours et nous livrent aujourd’hui leur vécu en matière de musculation. Leur histoire va sans doute donner envie à de nombreux jeunes de s’y mettre aussi !

Par Chris de Fitadium

Fitadium : Faisons les présentations, qui êtes-vous ?
S : Je suis Stephen, un pratiquant naturel de musculation comme il en existe beaucoup, passionné par tout ce qui touche de près ou de loin à cette activité peu commune. Mais je suis également l’animateur, depuis 2004, d’importants sites de musculation sur le web, dédiés à la nutrition, aux régimes et aux suppléments nutritionnels.
M : Markus, passionné également, pratiquant de sport depuis toujours… et de musculation depuis une quinzaine d’années, coach du site internet  Fitadium.com depuis 2006. J’aide les clients à atteindre leurs objectifs en les conseillant sur l’entrainement, l’alimentation et le choix des suppléments.

Comment êtes-vous venus à la musculation ?
S : Je me suis mis à la musculation pour des raisons esthétiques. L’objectif était de modifier mon apparence physique et de devenir « normal », car avec un poids de 59 kilos pour une taille d’1 mètre 87, j’étais vraiment très maigre et il n’était pas rare qu’on me demande si je souffrais d’anorexie. En quelques années, j’ai pris plus d’une vingtaine de kilos de muscles et franchement dépassé mon objectif initial.
M : Le point de départ a été de devenir physiquement plus fort pour le basket que j’ai pratiqué à un niveau semi-professionnel, mais aussi de devenir plus athlétique, car ce genre de physique m’a toujours plu. Ensuite, j’ai vite compris que pour progresser, il était important d’être très fort au niveau des connaissances et de la technique. Alors j’ai lu des tonnes de livres et de magazines concernant la musculation, l’entrainement et la nutrition, et je me suis fait ma propre expérience. Aujourd’hui, mon poids moyen est de 85 kg pour 1,85 m.

A quel âge ?
S : J’ai commencé en 1996 à l’âge de 18/19 ans, si mes souvenirs sont bons, et nous sommes déjà en 2011… Cela fait donc plus de 15 ans que je m’entraîne ! Après, je dirais qu’il m’a fallu à peu près 5 années pour atteindre mon meilleur niveau.
M : Initialement, j’ai démarré avec du petit matériel à domicile vers 18 ans et j’ai continué beaucoup plus sérieusement à partir de 20 ans à la salle de musculation de la cité universitaire. Rapidement l’idée a été de prendre beaucoup de poids et de masse, ce qui m’a finalement pénalisé au niveau de la vitesse et de l’adresse pour le basket. Je me suis donc définitivement tourné vers un entrainement plus athlétique.

Avez-vous pratiqué ou pratiquez-vous encore d’autres sports ?
S : Plus jeune, je faisais du basket-ball, et j’étais plutôt bon malgré un poids plume qui n’évoluait pas depuis plusieurs années. A y regarder, seule la musculation m’a permis d’étoffer vraiment mon physique. Actuellement, je fais beaucoup de « course nature » sur les chemins forestiers et en montagne, pas pour compléter ma pratique de la musculation, mais parce que j’aime ca ! J’ai eu aussi une période « Crossfit », mais après tant d’années en salle, j’ai un grand besoin de voir autre chose, et puis je suis en paix avec mon corps.
M : Du basket donc et aujourd’hui principalement du Padel, un sport de raquette à mi-chemin entre le tennis et le squash. Occasionnellement, en préparation physique ou pour la sèche, je fais aussi du footing deux à trois fois par semaine.

Quel est votre principal objectif ?
S : Actuellement, je ne cherche pas à gagner encore plus de masse musculaire, mon physique me convient, à quelques détails près, du moins quand je suis en forme ! J’essaie de prendre soin de mon corps pour durer le plus longtemps possible.
M : Principalement, c’est de garder la forme et avoir un maximum de qualité musculaire toute l’année. Je pense avoir la chance d’être né avec une assez bonne génétique et un métabolisme plutôt rapide, lié au fait que, depuis tout jeune, j’ai fait énormément d’activité physique. Cela m’aide bien aujourd’hui encore pour encaisser écarts alimentaires et périodes de sèche. Je me laisserai peut-être tenter un de ces jours par une énorme prise de masse pour repasser de 85 à 95 kg…

Comment vous entrainez-vous ? Déroulez le menu de votre séance…
S : Je m’entraine généralement en Half-body, c’est-à-dire une séance pour le haut et une pour le bas. Je travaille principalement avec des exercices composés, avec les barres et les haltères, mais j’utilise aussi quelques machines. Sinon, durant ces années d’entrainement, j’ai eu des périodes en pur split et en full-body, avec notamment la pratique de la méthode Lafay.
M : Actuellement, on utilise dans l’équipe une méthode d’entrainement qui nous convient assez bien. 4 jours d’entrainement hyper-intensif (mercredi et week end OFF). Les 3 premiers jours sont des séances limitées à certains groupes musculaires (dos, épaules, biceps). Chaque groupe musculaire est divisé en deux parties avec exercices de base lourds et ensuite exercices d’isolation. Le dernier jour, on fait un circuit fullbody en rappel de tous les groupes musculaires sollicités en début de semaine.

Et pour la diète, est-ce que vous êtes stricts au quotidien, ou est-ce que vous faites des exceptions lorsque vous sortez ? Vous faites comment pour tout concilier ?
S : J’ai la chance d’avoir un métabolisme très rapide et d’être sec de nature, je peux donc manger ce que je veux sans craindre trop de prise de gras. En revanche, c’est un combat pour prendre du poids ! Je ne sais pas ce qui est pire, devoir se forcer à manger pour enfin prendre de la masse ou se priver pour rester sec…
M : Une chose que je ne fais jamais, c’est cumuler grosse quantité et mauvaise qualité ; exceptionnellement cela peut m’arriver sur un repas, mais jamais plus longtemps.
Globalement, au quotidien, en connaissant assez bien les valeurs nutritives des aliments : protéines, index glycémique, qualité des lipides… j’ai spontanément plutôt une alimentation de bonne qualité. L’apport quantitatif est assez bien réparti sur la journée.

Faites-vous des périodes de sèche ? de prise de masse ? expliquez-nous…
S : Comme indiqué plus haut, j’ai fait surtout des périodes de prise de masse, pour élever mon poids. Être super sec et voir mes veines sur mes abdominaux ne me demande pas trop d’efforts ou de privation ; il me suffit de manger plus sain et de faire un peu plus de cardio training.
M : Globalement mon poids de corps et donc ma qualité musculaire sont plutôt constants. Je ne fais plus du tout véritablement de prise de masse. Par contre, par périodes, en durcissant un peu l’alimentation et en introduisant un peu de cardio, cela me permet de diminuer mon taux de masse grasse habituel et d’augmenter la qualité musculaire.

Surveillez-vous toujours votre pourcentage de masse grasse ?
S : Pas vraiment, mais quand je suis plus gras, je parais moins musclé, plus « plat », même si la balance affiche des données positives. Sincèrement, je préfère rester sec et un peu moins gros…
M : Non pas du tout, ce n’est pas quelque chose que je mesure. Je juge essentiellement à l’état de ma forme et à la séparation au niveau des abdos.

Votre point de vue sur l’entrainement intensif ?
S : Je m’entraine toujours avec une grande intensité, et surtout une technique d’exécution très propre. Quand on est passé par la case blessure, on ne s’amuse plus à s’entrainer comme un bourrin ou tenter de soulever des charges démesurées… En musculation, il faut rester simple et à l’écoute de son corps. Avec les années, on sait ce qui marche sur nous, mais il faut garder « l’esprit du débutant », et être curieux et ouvert aux nouveautés.
M : Comme pour tous les sports, l’intensité de l’entrainement et la technique conditionnent vraiment une progression maximum. Ensuite, cela devient un peu une habitude de rechercher des sensations maximum voire extrêmes à l’entrainement, parce qu’on se rend tout de suite compte que le résultat est toujours là. C’est vrai que l’expérience joue aussi beaucoup. On sait quand on peut aller au-delà de la limite sans se blesser alors que par moments, il faut savoir rechercher avant tout un maximum de sensations par de grosses congestions et brûlures musculaires.

Quels sont vos exercices préférés et ceux que vous n’aimez pas ?
S : Pour les exercices, j’apprécie beaucoup les mouvements de force athlétique, comme le soulevé de terre et le power-clean, surtout pour l’impression de force et puissance qu’on ressent en les effectuant. En revanche, je reste modéré sur les charges pour préserver mon dos.
M : Je préfère les exercices sur lesquels j’arrive extrêmement bien à localiser le muscle. En revanche j’évite tout exercice sur lequel je n’arrive pas à congestionner le muscle sollicité.
Du coup, j’ai une petite préférence pour les exercices d’isolation type supersets poulies pour les épaules. Par contre, je ne fais quasiment plus de squat très lourd, notamment à cause de problèmes de tassement lombaire.

Quels sont vos points forts ? De quoi êtes-vous le plus fier dans votre physique ?
S : J’aime travailler les épaules, les pectoraux et les bras ; ce sont aussi mes points forts ! J’ai la chance d’avoir une belle ligne, un dos en V avec une taille fine, et une ossature à la Flex Wheeler, tout en étant bien sec. C’est plaisant, mais ça fait bizarre quand les gens me disent qu’ils veulent me ressembler, que je suis leur modèle, l’objectif qu’ils voudraient atteindre…
M : Beaucoup me parlent des bras et des biceps en particulier. La ligne en général est l’un de mes points forts, j’essaie de garder un bon équilibre entre chaque groupe musculaire, que je mets en avant à chaque entrainement.

Et vos points faibles ?
S : Je n’aime pas travailler les abdominaux et les mollets. Progresser sur ces muscles me demande énormément d’investissement.
M : Ce sont les quadris, les ischios que j’entraine finalement avec moins d’intensité que les autres groupes musculaires. J’effectue moins d’entrainement lourd à ce niveau-là, je privilégie surtout les fentes pour le Padel. Idéalement, il me faudrait un petit plus de volume.

Quel type d’entrainement a donné pour vous les meilleurs résultats ?
S : J’ai pu tester pas mal de façons de m’entrainer au cours de ces années d’entrainement, et ma conclusion est qu’il faut rester sur des choses simples. Il n’y a pas d’entrainement miracle et il faut du temps pour faire du muscle…
M : Je pense que le meilleur résultat c’est de s’entrainer à la fois pour la masse et le galbe. C’est pourquoi depuis maintenant assez longtemps, chaque groupe musculaire que j’entraine est divisé en exercices de base pour la masse et en exercices d’isolation pour tout ce qui est séparation stries, galbe.

Préférez-vous l’entrainement avec haltères ou sur machines ?
S : Je me sens mal dans une salle sans barres et haltères, vous savez ces salles de fitness propres et sans âme, ou vous ne verrez jamais un rack à soulevé de terre… Je n’aime pas trop les machines, elles ne sont pas assez fonctionnelles pour moi et souvent inadaptées à nos spécificités morphologiques. Après, c’est vrai qu’elles sont rassurantes pour les débutants et utiles dans certains cas, pour le bodybuilding notamment. L’idéal reste de profiter des deux, en laissant la priorité aux poids libres.
M : Les deux sont assez complémentaires. On peut s’appuyer sur les machines pour travailler des poids assez lourds, ce qui n’est pas toujours évident avec des charges libres. Par contre, il est vrai que les haltères permettent généralement de solliciter plus de zones d’un même groupe musculaire, et de ce point de vue-là, elles sont plus intéressantes. Pour ma part, j’aime beaucoup les poulies qui sont un bon compromis entre les deux.

Prenez-vous des suppléments ? lesquels et dans quel but ?
S : J’utilise essentiellement du gainer et durant la période de prise de masse.
M : Il y a trois grandes familles de suppléments qui doivent être utilisées pour accélérer le résultat en fonction des besoins de chacun. On peut les prendre simultanément. Ce sont : les stimulants d’entrainement : créatine, volumisateurs…, les nourrissants : gainers, acides aminés, protéines…, et les accélérateurs de croissance et de récupération comme les stimulants hormonaux.
Dans le but de garder une bonne qualité musculaire tout l’année, je m’appuie sur des stimulants d’entrainement pour garder une grosse intensité, des protéines et des acides aminés pour nourrir idéalement les muscles, et uniquement, en période de grosse fatigue et de surentrainement, les stimulants hormonaux.

Vous n’avez jamais été tenté par la compétition ? Pourquoi ?
S : Non, je n’ai jamais fait de compétitions. A mon avis, je n’ai et n’aurai jamais le niveau pour être compétiteur. Il me faudrait encore 10 ou 15 kilos de plus, ce qui impliquerait pour moi de me doper et je tiens beaucoup trop à ma santé. Je mange bio, je ne fume pas et bois rarement ! Je me vois mal m’injecter des substances ou avaler des cachets toxiques pour mon corps et mon esprit…
M : Je n’ai jamais eu envie de m’exposer sur un podium devant un public et de toute façon, pour être vraiment compétitif, il faut plus ou moins avoir recours à des produits interdits. Même si, probablement, un petit peu comme tout le monde, il y a eu par moments des tentations, je me suis toujours refusé à mettre ma santé en danger. Aujourd’hui, je suis content d’être arrivé à un certain résultat, sans être passé par là.

Quel conseil donneriez-vous à un débutant ou à quelqu’un qui souhaite progresser radicalement ?
S : Avant tout d’être patient, car prendre du muscle demande des années, et aussi de prendre soin de son corps pour durer. La musculation, ce n’est pas seulement venir à la salle et soulever des poids, il faut bien s’échauffer puis s’étirer à la fin de la séance. Aussi, pour être un sportif complet, il faudra s’astreindre à faire des activités qui travaillent la capacité cardio-respiratoire. Les débutants doivent rester simples, travailler complètement le corps et pas seulement les muscles « visibles » et s’instruire pour devenir autonomes.
M : La base pour progresser c’est d’avoir une grosse qualité d’entrainement, c’est-à-dire énormément d’intensité avec un minimum de technique et une fréquence d’entrainement régulière et soutenue (3 à 5 fois par semaine). L’alimentation est aussi un facteur déterminant. Il faut manger régulièrement de bonnes quantités de glucides lents (type féculents) et de protéines (viande, poisson…).
Ne pas hésiter à remettre en cause la qualité d’entrainement et /ou d’alimentation s’il y a une période de stagnation trop longue. Et au final, éviter la tentation des produits interdits et accepter un minimum de temps de progression.

Vous n’en avez jamais marre de la musculation ? Qu’est-ce qui vous motive pour continuer dans cette voie ?
S : Comme en amour, la passion ça s’entretient ! Mon site m’y aide beaucoup. J’ai aussi la chance de pouvoir m’entrainer. Cela peut paraître bête, mais c’est une grande chance, et l’on ne s’en rend compte que lorsqu’on en est privé…
M : Je dirais que, plus on s’entraine et plus on a envie de s’entrainer, et moins on s’entraine, plus on a tendance à se démotiver. Un peu comme une drogue, j’ai besoin de sentir le muscle plein et de me sentir en grande forme physique, sinon, je frôle carrément la dépression…

Merci à tous les deux !

 

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