Interview de Rénald, passionné de musculation

Rénald est depuis toujours un passionné de musculation. Il nous livre dans cet interview, ses motivations, sa façon de voir les choses, de s’entrainer et de se nourrir. Depuis près de 30 ans, il n’a jamais cessé d’aller à la salle et de respecter les principes qu’il partage avec ceux qui lui en font la demande. Il a tout appris sur le terrain, en s’informant auprès des plus expérimentés -il a débuté à la salle de Nono Cironte- mais, vu son physique, exceptionnel pour son âge, il n’est pas trop loin de la vérité.

Si vous aussi, comme Rénald, vous êtes passionné et que vous voulez vous exprimer sur notre blog ou notre page Facebook, soumettez-nous votre parcours ou un article, et envoyez-nous vos photos.

 

renald à la salle de sport

Fitadium : Faisons les présentations, qui êtes-vous ?
Rénald : Je m’appelle Rénald, je suis responsable d’une boutique diététique dans un centre fitness. J’ai 30 ans de passion de musculation suite à mon expérience.

F : Quand et comment es-tu venu au bodybuilding ? quel a été le déclencheur ?
R : Tout petit déjà, j’étais attiré par les bonhommes musclés de type big Jim, mais le véritable déclencheur a été le film de Tarzan sorti en 81 avec un physique très sec et très développé ( incarné au cinéma par Miles O’Keeffe), avec Bo Derek dans le rôle de Jane. Juste après, j’ai vu le même genre de mec à la plage et je me suis dit, c’est à ça que je voudrais ressembler et ça avait l’air possible. Je rentrais de Californie après 1 an passé là-bas, où je me suis rendu compte que, sur la plage, tout le monde faisait quelque chose, personne ne restait immobile à bronzer. Donc j‘ai commencé à faire des pompes chez moi.

F : A quel âge ?
R : J’avais 25 ans. Juste au même moment, la 1ère salle de musculation privée ouvre sur la Côte d’Azur, celle de Nono Cironte. Avant il n’y avait que des gymnases municipaux, pas de vraie salle comme on les connait aujourd’hui. J’ai commencé là et je n’en suis plus jamais sorti.

F : Pourquoi as-tu accroché sur un sport aussi exigeant ?
R : J’avais horreur des sports d’équipe, j’aimais bien le côté individuel.

F : As-tu pratiqué ou pratiques-tu encore d’autres sports ?
R : Avant le bodybuilding, j’étais à fond sur le windsurf. Encore avant, c’était les arts martiaux. J’ai tout laissé tomber pour le bodybuilding.

F : Ton physique était plutôt comment ?
R : Je n’étais pas spécialement musclé, je me trouvais gras, avec des cuisses de fille. Je n’étais pas spécialement doué non plus. Mais la salle du bord de mer de Nono m’attirait et me rappelait la Californie.

F : Quelle est ta fréquence d’entrainement ?
R : Je m’entrainais 6 fois par semaine, voire deux fois par jour, l’erreur que font les débutants. Aujourd’hui, ma fréquence d’entrainement n’est plus que de 4 fois par semaine (et une seule fois par jour !). Pourquoi ce changement ? Il faut savoir qu’au début la force augmente jusqu’à 300%, mais la capacité de récupération elle n’augmentera jamais plus de 50%. Il faut savoir gérer son repos et sa capacité de récupération par rapport au poids levé. Le débutant peut se permettre un entrainement fréquent et une récupération rapide parce qu’il s’entraine avec des poids légers. Plus les poids sont lourds, plus la récupération est difficile, plus le repos est nécessaire.

F : Comment manges-tu?
R : Mes repas se basent sur le ratio 60% glucides, 30 – 35% de protéines, 5% de lipides. Je suis anti-gras. Je n’ajoute pas d’huile dans des aliments avec un IG déjà élevé. C’est difficile de suivre un système de diète précis, car il y en a tellement. Mais avoir des muscles pleins sans glucides parait impossible.
Si je suis en sèche, je diminue un peu les glucides dans la proportion de 50%, pour passer à 40, voire 45% de protéines, avec un taux de lipides toujours de 5%.
Je fais des variations sur 4 jours avec une base de glucides de 150g/ jour le 1er jour, ensuite j’augmente à 225g/jour le 2° jour, puis à 300 g le 3° jour et enfin à 350g le 4° jour et je recommence le cycle. L’avantage : l’organisme ne s’habitue pas à un nombre de calories constant et on garde la motivation, car le jours « low », on sait que les jours suivants ça ira mieux et les jours « high », tu sais que le lendemain, ça redescend. C’est une base de régime, bien meilleure que celui qui ne bouge pas sur toute une semaine.
Les gens ont peu de notion de diététique. Pour eux, manger beaucoup signifie manger des pâtes et de la viande, alors que ça va plus loin que cela.

F : Ma journée type :
R : Matin : 8 blancs d’œufs et 12 biscottes + fromage blanc à 0% tartiné dessus ou 4 tranches de pain lavash.
3h après : 50g de protéine
Pendant l’entrainement : une boisson glucidique, un booster de NO. La première pour recharger le muscle en glycogène, le second pour l’afflux sanguin. Si je prends un gainer juste avant l’entrainement ( en prise de masse) je bois de l’eau pendant l’entrainement.
Juste après l’entrainement : une protéine Isolate
1H après l’entrainement (repas de midi) : 200g de viande ou thon, 100g de féculents pesés crus, un laitage à 0%.
L’après midi : une barre de protéine pour son côté pratique au travail. Ou un gainer si je suis en prise de poids ou encore une protéine avec un fruit.
Le soir : 200 à 250g de viande, 80g de féculents une petite boite de légumes secs ou de légumes verts et pour finir un laitage à 0%.
Le soir au coucher : 40g de protéine de whey concentrée en poudre ou 200g de fromage blanc. Si j’ai très faim, j’ajoute 3 ou 4 biscottes.

F : Quels types d’exercices fais-tu et avec quelles techniques ?
R : Je mise sur une concentration extrême sur le muscle, avec une précision du mouvement et une vitesse d’exécution et un rythme moyen pour 8 à 15 reps.

F : Quel est le menu de ta séance ?
R : Jour 1 séance épaules : comme c’est un point faible, il y a une séance réservée pour cela
Jour 2 pecs et dos : mais avec peu d’intensité sur ces points forts
Jour 3 : cuisses/mollets
Jour 4 : biceps /triceps
J’ai développé une méthode antagoniste mais pas traditionnelle. J’alterne les pecs et le dos à chaque mouvement. C’est un système qui fonctionne bien et pour les bras aussi. En 5 séries, j’obtiens une congestion extrême, et j’enchaine sur le muscle antagoniste, ce qui permet au précédent de récupérer pour pouvoir le retravailler ensuite. Le sang circule bien et on garde la concentration. Je m’entraine sur cette base depuis 6 ans environ et ça fonctionne bien.

F : Quelles sont tes charges max ?
R : Comme je ne fais pas de développé couché, je n’ai pas de repère charge maxi. Et ce n’est pas ce que je recherche.

F : Tu n’as jamais été tenté par la compétition ? Pourquoi ?
R : Par trop grande timidité sans doute, j’ai beaucoup préparé les autres, mais moi-même, je n’ai pas eu envie de monter sur scène.

F : Quels sont tes exercices préférés et ceux que tu n’aimes pas ?
R : Mes exercices préférés sont ceux que je ressens le mieux, j’aime garder un côté fun. Pour les fessiers, j’ai inventé un mouvement qu’il faut exécuter en partant de la position à genoux sur un tapis et juste se redresser en décollant les cuisses des mollets, à la force des fessiers. Je fais 20 reps à 170 kg. Ça mobilise vraiment les fessiers et ça isole ces muscles.
J’aime faire les épaules et le développé-épaules sur un cadre guide, les triceps avec poulies, jamais avec des haltères. Il y a des points morts qui n’existent pas avec les poulies. On travaille sous d’autres angles.

F : Es-tu un fan de suppléments ? lesquels et dans quel but ?
R : Je suis un gros consommateur de vitamines à hautes doses. En sèche, j’utilise des brûleurs de graisse. Pour moi, le meilleur supplément est le booster de NO. C’est un effet qu’on sent vraiment à l’entrainement, contrairement aux autres produits où l’effet n’est pas ressenti directement. On a plus de force, de résistance à l’effort, la congestion est améliorée et il permet aux autres suppléments de mieux rentrer dans le muscle en plein travail. Au minimum si on a un budget restreint je conseille une protéine associée à un booster de NO.

F : Changes-tu la routine ?
R : Je ne la change jamais, elle me convient. On dit qu’il faut choquer le muscle pour sentir la brûlure, mais mon entrainement reste fun, jamais rébarbatif. Je travaille précisément chaque zone musculaire et notamment mes bras.

F : Quel conseil donnerais-tu à un débutant ou à quelqu’un qui souhaite progresser radicalement ?
R : ça dépend de son physique de départ, s’il est gras en priorité il devra corriger son alimentation. Ensuite ne pas se surentrainer, apprendre à faire les mouvements de façon correcte. Ne pas entrainer deux muscles éloignés le même jour, pour ne pas perdre la congestion, par exemple les bras et les cuisses.

F : Cite-nous tes références en bodybuilding ?
R : J’aime beaucoup le physique de Dexter Jackson

F : Qu’est-ce qui te motive pour continuer dans cette voie ?
R : Être différent des gens de mon âge, et parce je suis habitué à souffrir dans ce sport. Tout va ensemble dans le physique : le muscle symétrique, l’épilation, la démarche, le look, l’attitude…

Merci Rénald.

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