La prise de muscle de Benjamin Ugoletti

Fitadium : Faisons les présentations, qui êtes-vous ?

Benjamin Ugoletti : Bonjour, tout d’abord merci pour l’interview que vous m’accordez. Je me prénomme Benjamin Ugoletti je suis né en 1991 (21 ans), je viens d’un petit village tranquille en région de Hannut (province de Liège en Belgique).

F : Comment êtes-vous venu à la musculation ? A quel âge ?

B : Alors, il faut savoir que j’ai toujours adoré les super héros musclés, style Hulk, la fameuse série Dragon Ball etc …
Avant, mon hygiène de vie était exécrable, je cédais à tout mes caprices (envie de chips, pizzas, …). J’ai donc très rapidement pris du poids, je suis monté à 98 kg pour 1m80/82. C’est à 17 ans et demi en me regardant dans le miroir que j’ai eu un déclic, je ne m’aimais plus tout simplement, j’étais gêné, frustré, dégoûté de mon corps. En été je faisais exprès de porter des t-shirt larges, je partais avec une veste et mourais de chaud tout ça pour masquer mon corps. Jamais de débardeur, le fait de me retrouver torse nu pour moi était impossible ! J’ai donc décidé de me prendre en main, en prenant un abonnement dans une salle de sport, (Sport 85 Hannut). On m’a demandé quel type de contrat je voulais prendre, par 3 mois où directement en 1 an, sachant que je ne pouvais en aucun cas rompre le contrat, c’est le règlement.
J’ai sans réfléchir pris pour 1 an, au moins je savais que je n’avais plus le choix, j’étais obligé d’y aller, et si je refusais d’aller à cette salle, j’allais payer pour rien!

F: Aujourd’hui quel est votre poids et votre taille ?

B : Aujourd’hui, je suis toujours à 1m80/82 avec un poids de 78 kg (en sèche). En période de prise de masse, je suis déjà monté à 98 kg de muscles (avec de la graisse également).

F : Quel genre de physique aviez-vous au départ ?

B : Je ne dirais pas obèse, mais en excès de poids, mon indice de masse corporelle à l’époque était entre 28 et 30 … Ce qui est énorme, puisque en temps normal, je devais en principe tourner entre 18 et 25.

La transformation de Benjamin ugoletti


F : Qu’est-ce qui vous a fait accrocher sur un sport aussi exigeant ?

B : Il faut savoir que j’ai pratiqué énormément de sport, Football, Basketball, Taekwondo, Judo, Krav Maga, …
J’ai toujours arrêté, parce que j’avais des entraînements 2 fois par semaine, je ne me dépensais pas à ma juste façon, je ne me sentais pas «vivre».
Ensuite je n’avais pas cet état d’esprit d’être différent …
Un Footballeur vient vous trouver en vous disant qu’il joue dans une grande équipe, on peut le croire très facilement, rien ne nous prouve qu’il sait jouer ou pas (point de vue visuel). Un Bodybuilder (culturiste) vient me trouver en me disant qu’il a gagné Mr Olympia avec des bras de 10 cm, je sais qu’il me ment (rire).
Voilà pourquoi je me suis dirigé vers une salle de bodybuilding/fitness.
J’ai très vite adopté la phrase culte «no pain, no gain» = «sans souffrances, pas de résultats».

F : Avez-vous pratiqué ou pratiquez-vous encore d’autres sports ?

B : Oui, j’ai pratiqué beaucoup d’art martiaux, j’ai également fait de la natation, et comme je vous le disais plus haut, du foot, basket. Maintenant je ne me consacre qu’au bodybuilding, par la simple et bonne raison qu’il faut choisir, soit un sport orienté sur du cardio, foot, art martiaux et dans ce cas ma carrure sera toujours «maigre» soit bodybuilding pour être plus impressionnant et massif que les autres.

F : Quel est votre principal objectif ?

B : Pour ces sports justement, je n’avais pas d’objectif, j’ai découvert ces sports parce que à l’époque j’étais trop jeune pour rester seul chez moi pendant mes vacances scolaires (juillet, août) et mes parents travaillaient tout les deux.
Donc, j’allais aux stages de ma commune, c’est une sorte de garderie tous âges confondus, où on faisait du sport, il y avait foot, basket, escalade, multi-sports
Et, à chaque fois que je rentrais, j’aimais bien, j’allais m’inscrire dans un club, je faisais maximum 6 mois, puis j’abandonnais parce que je n’avais aucun objectif, pas d’intérêt.
Ici, mon objectif est tout simplement de sculpter mon corps, de me différencier d’une personne «normale» de façon à ce que quand je me promène dans la rue, les gens puissent se dire, celui là il fait de la muscu, ni plus, ni moins …

F : Comment vous entrainez-vous ? Déroulez le menu de votre séance… Du cardio ? un entrainement très spécifique ? de quel genre ?

B : Au début j’avais du mal à m’y retrouver, je ne savais pas par où commencer.
Je tournais en rond les 6 premiers mois, j’avais perdu un peu de graisses mais sans plus. J’avais besoin d’une influence, de quelqu’un de pro qui lui sait comment on fait pour changer ! C’est ainsi que j’ai connu Christian Bosmans ainsi que son fils Michael Bosmans. Ce sont deux culturistes qui s’entraînent d’arrache-pied dans le but d’être les meilleurs, j’avais vraiment besoin d’une mentalité comme ça ! Que quelqu’un me donne un bon coup de pied au derrière ! Ils m’ont donc coaché jusqu’à présent. Au début je devais faire beaucoup de cardio mais à mon rythme pour brûler les veilles graisses, Christian m’avait prévenu que le bodybuilding se comptait en années et non en jours, semaines, mois …
J’étais donc parti pour 3 ans d’attitude «no pain, no gain».
Après 6 mois j’avais plus ou moins perdu mon ventre, j’étais descendu à 80 kg, voire 75 au lieu de 98kg, c’était incroyable pour moi !
Donc après ça, Christian et Michael m’ont dit que je pouvais commencer à me muscler, faire une prise de masse en mangeant sainement, en ayant une bonne hygiène de vie, en m’autorisant de temps en temps un petit écart.
Je me suis donc développé pendant 2 ans, sans penser à des sèches, des régimes etc … Je voyais que je changeais, que je prenais du muscle, un peu de graisse également, mais mes deux coachs m’avaient dit que je ne devais pas m’inquiéter pour ça, chaque chose en son temps !

F : Et pour la diète, est-ce que vous êtes strict au quotidien, ou est-ce que vous faites des exceptions lorsque vous sortez ? Vous faites comment pour tout concilier ? 

B : Alors pour être honnête, après 3 ans de bodybuilding, je ne suis strict avec moi même que depuis cette année !
Je suis un fan de malbouffe, j’adore manger des durums, des pizzas, des lasagnes, toutes les bonnes choses qui nous font grossir (rire).
J’ai commencé à être plus ou moins strict, quand j’ai perdu ma graisse (mon ventre), après mes 6 mois de cardio. Mes coachs sont venus me trouver et m’ont dit, « voilà tu vois, ici tu as bien bougé, tu vois comme tu as galéré pour perdre ça ! Ne replonge pas dans tes vieux démons, sinon tu seras reparti pour de la souffrance ».
Donc quand j’ai commencé à me développer, à prendre en muscle, je me permettais de temps en temps de manger un plat de spaghetti en famille, de faire un écart. Quand je faisais cet écart, je m’arrangeais pour faire du cardio le lendemain, ou essayais de trouver une solution pour éliminer ces mauvaises calories le plus vite possible !
Au niveau sorties, je n’ai jamais eu le problème de boire de l’alcool, je n’aime pas la bière !
Encore une fois, pour l’anniversaire, par exemple de Michael, nous nous sommes tous en tant que bodybuilders accordé un écart, mais pas au point de rouler sous les tables …

F : Faites-vous des périodes de sèche ? de prise de masse ? expliquez-nous…

B : Oui, donc j’ai eu une mini-sèche (pas une vraie sèche compétition) de façon à perdre ma vieille graisse, à perdre mon ventre, mon double menton, …
Après j’ai donc pu commencer ma prise de masse, avec un plan diététique, adapté de près pour mon corps, je devais manger 6 à 8 fois par jour, sainement!
Je mangeais du poulet, poisson, du thon sec (pas de mayo, et non ah ah) des légumes, je prenais beaucoup de protéines.
Et donc ici, dernièrement, Michael s’entraînait dur pour une compétition en IFBB, il est le seul de la salle à se présenter pour un concours aussi important !
Je ne l’avais plus vu depuis un certain temps, et il était en période de sèche pré-compétition, quand je l’ai vu, j’ai eu un effet d’explosion !
Waooww, quelle performance, quel résultat ! C’était génial, définition musculaire de partout, abdos en béton, pectoraux d’acier!
J’ai donc commencé une sèche très stricte (je ne dirais pas de compétition, car je n’en fais pas).
Cette sèche m’aide également à comprendre les privations, concessions, souffrances que ces gens ressentent, la fatigue, les sautes d’humeur, … !
Je déteste que des gens qui ne s’y connaissent pas viennent me dire: oui mais c’est de l’eau, ou c’est facile de faire ça, hein, moi je travaille tout le temps !
Je ne suis pas du tout d’accord avec cette mentalité, on a tous nos concessions à faire …

F : Surveillez-vous toujours votre pourcentage de masse grasse ? Comment mesurez-vous vos performances ?

B : Je ne mesure pas mon pourcentage, je n’ai malheureusement pas l’appareil, par contre à la fin de ma sèche, je pense que j’irai prendre mon pourcentage de masse graisseuse, juste pour le fun.
Mes performances se voient dans le miroir, sur des anciennes photos que je compare, au toucher de mon corps, genre pour les abdos, je n’ai plus qu’à passer la main dessus que je les sens, alors qu’avant ça n’était pas le cas …
Ensuite, il y a la réaction positive des gens qui viennent me féliciter, me dire que j’ai bien bougé, mine de rien, ça m’aide énormément, même si je ne suis pas démonstratif au niveau de mes sentiments.

F : Votre point de vue sur l’entrainement intensif ?

B : On n’a rien sans rien !
Il faut souffrir pour être beau, la chenille doit être chrysalide avant d’être un magnifique papillon.
Je pense que ça résume mon point de vue.

F : Quels sont vos exercices préférés et ceux que vous n’aimez pas ?

B : J’adore les pectoraux, pousser comme un arraché et, le lendemain, les sentir comme jamais, je me sens tellement puissant après.
J’adore également les biceps et triceps.
Ce que je déteste par dessus tout, s’est mes jambes !
Quand je fais un squat, j’ai l’impression d’avoir 2 cures dents qui tremblent et vont se briser en 2 (rire).
Le lendemain après avoir fait mes jambes, je ne peux presque plus marcher, ni monter des escaliers, bref, je déteste par-dessus tout les jambes, mais il ne faut surtout pas négliger ce groupe musculaire, il est très très important aussi !

F : Quels sont vos points forts ? De quoi êtes-vous le plus fier dans votre physique?

B : Point fort je dirais, pectoraux, je suis fier de mes pectoraux, de mes bras, et maintenant de mes abdos, forcément, après avoir eu un ventre, ça change d’avoir des abdos, c’est un véritable trophée humain !

F : Et vos points faibles ?

B : Les jambes, les mollets, j’ai négligé pendant un certain temps ce groupe musculaire. Maintenant j’en paye le prix pour rattraper ce défaut, si un jour je veux faire des shootings photos ou encore des compétitions, je me dois d’être bien proportionné …

F : Quel type d’entrainement a donné pour vous les meilleurs résultats ?

B : Pour moi ma sèche actuelle, cardio à jeun, manger sainement et surtout très strict. S’entraîner d’arrache-pied, en repoussant mes limites (prendre plus lourd à chaque fois), sans se péter quelque chose non plus !
Et finir la séance de bodybuilding par 30 minutes, voire 1 heure de cardio à mon rythme, pépère (rire)

F : Préférez-vous l’entrainement avec haltères ou sur machines ?

B : Les deux, les haltères sont importantes pour des curl aux biceps par exemple, pour ce groupe musculaire, j’emploie beaucoup les haltères, avec quelques exercices à la barre EZ. Pour les pectoraux, j’utilise également les haltères.
Je dirais qu’il faut combiner haltères et machines, dans les deux cas, ils sont bénéfiques pour nous.

F : Comment conciliez-vous votre travail avec la musculation ?
B : C’est une très bonne question !
Comme je le disais plus haut, les premiers mois je tournais en rond, je n’étais pas organisé ! Mes deux coachs m’ont fait un programme d’entraînement.
Lundi: Pectoraux, avec finition abdos (en 3,4 exercices) et pas à l’arrache !
Mardi: Biceps, Triceps avec finition mollets (2, 3 exercices) de nouveau pas à l’arrache.
Mercredi: Epaule, trapèze (finition abdos)
Jeudi: Jambe uniquement
Vendredi: Le dos, soit finition abdos ou mollets, je choisis
Avec bien entendu, un peu de cardio si j’ai le temps à la fin.
Le week-end : repos, en gardant à l’oeil une alimentation saine, et faible en calories vu que je ne m’entraine pas le week-end …

F : Prenez-vous des suppléments ? lesquels et dans quel but ?

B : Oui, je prends des protéines, quand je peux en prendre j’ajoute des hydrates de carbone, des Acides Aminés, toujours dans le but de nourrir mon muscle, de bien récupérer après chaque entraînement (ça c’est pour ma période normale, ou prise de masse).

En période de sèche, je prends des protéines spéciale pour sèche (faibles en glucide, …) de nouveau, un carbo spécial pour sécher, et des acides aminés, avec également un brûleur de graisse de chez Muscletech «Hydroxycut Hardcore».

F : Vous n’avez jamais été tenté par la compétition ? Pourquoi ?

B : Je suis de plus en plus tenté par la compétition, surtout depuis cette période ou je suis sec, je compare les concurrents de l’année passée, et me dit que j’ai également mes chances. Je suis très curieux, très compétitif, c’est une nouvelle expérience pour moi, j’ai envie d’un jour goûter à ça, savoir ce que ça fait que poser, appliquer du Tan avant une compétition, le stress à gérer, …

Quels sont vos athlètes de référence ?

B : Sans aucun doute, Arnold Schwarzenegger, il est tellement beau, divin quand il pose, mais ça c’était l’ancienne génération …
Mes préférés aujourd’hui, sont:
Phil Heath
Jay Cutler
Branch Warren (mental d’acier)
Antoine Vaillant (il n’est pas encore super connu), il progresse petit à petit j’aime ça.
Sinon dans les jeunes, il y a aussi Alexei Lesukov (24 ans, waow, quoi j’ai 21 ans), quelle croquette que je suis ! (rire)

F : Avez-vous été tenté par le dopage ? (ou votre position sur ce point)

B : C’est un sujet très délicat, est-ce bien ? Est-ce mauvais ? Est-ce qu’on peut mourir avec ça, ou pas ? Tellement de questions qu’on se pose, pour finalement oublier qu’il faut s’entraîner dur, et avoir une hygiène de vie exemplaire avant toute chose !

F : Quel conseil perso donneriez-vous à un débutant ou à quelqu’un qui souhaite progresser radicalement ?

B : Si ces jeunes souhaitent progresser, c’est que ces jeunes ont eu le même déclic que moi.
Si j’y suis arrivé, moi le fana de malbouffe, n’importe qui peut le faire ! Motivation, courage, rage de vouloir vaincre, savoir contrôler ses envies, tout est dans la tête ! Ne partez pas du principe « c’est trop lourd je n’y arriverai pas ! »
Les amis sont là pour vous aider au bench quand vous allez porter très lourd, il ne peut rien vous arriver, sauf avoir un résultat !
Ne pas griller les étapes, ma devise «step by step», chaque chose en son temps !
Avant de vouloir conquérir le monde, il vous faut une armure, l’armure c’est votre corps, vos futurs pectoraux, biceps, abdos, et les guerriers, ce sont vos amis qui vous encouragent !

F : Quels sont vos projets ?

B : Continuer à progresser petit à petit sans me prendre de haut.
J’aimerais éventuellement une compétition, mais mon sport reste avant tout ma passion et non une prise de tête.

F : Vous n’en avez jamais marre de la musculation ? Qu’est-ce qui vous motive pour continuer dans cette voie ? 
B : Non, jamais !
C’est bien plus qu’un simple sport pour moi … C’est un rituel, un mode de vie.
Avant je finissais l’école, ma mère venait me dire « Benjamin, il est 18 heures, au foot !
Ici quand j’ai fait ma journée, je sais que de 19h à 22h je serai quoi qu’il arrive au Sport 85 Hannut (ma salle de sport). Ma motivation c’est voir d’où je viens, voir mon corps changer jour après jour, voir le regard différent que les gens ont sur moi. Mon corps, c’est mon plus beau trophée.

F : Merci Benjamin

B : Merci à vous, de me laisser cette chance de parler avec vous de mon vécu, ma passion, j’espère pouvoir remonter le moral de certaines personnes, j’espère avoir pu aider du mieux que j’ai pu ces gens qui comme moi avant étaient mal dans leur peau.
Un énorme merci à mon entourage, mes amis, surtout mes coachs car, sans eux, je ne serais nulle part !
Merci à l’équipe de Fitadium !

 

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