L’expérience de René-Maurice en course à pied

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René-Maurice, 456° sur 2445 en 11 :31 :21, aux 100 km de Millau.

René-Maurice, 52 ans, a participé à l’une des plus dures courses à pied au monde : Les 100 km de Millau. Avec 23 marathons à son actif, quelques triathlons et ultra-trails, il court parce qu’il aime ça. Passionné et passionnant, quand il nous parle de course à pied, il nous livre ses impressions sur cette course mythique, vécue de l’intérieur avec le dossard N°1034.

Fitadium : Faisons les présentations, qui êtes-vous ?
R-M : René-Maurice, 52 ans, marié (ma femme est aussi mon coach !), un fils de 26 ans, je cours depuis toujours, et toujours par plaisir.

F: Quand et comment avez-vous débuté la course à pied, quel a été le déclencheur ?
R-M : Carrément, à 24 ans, par un Marathon, celui de New York, je me suis inscrit, j’ai pris mon billet, je suis parti et je l’ai fait ! Je me suis dépassé, mais mes copains étaient impressionnés ! Il y a peu de jeunes dans les marathons. J’ai tout de suite pris goût au sentiment de liberté et au dépassement de soi.

F : Pourquoi avez-vous accroché sur un sport aussi exigeant ?
R-M : D’abord à cause de prédispositions naturelles, je suis taillé pour la course plus que pour l’haltérophilie ! Je mesure 1,78 m pour 63 kg. Je cours depuis l’école. En sport on avait peu de moyens, alors le prof nous faisait faire des tours de stade. Si on avait 2H de sport, je courais pendant 2 heures ! Ensuite, j’ai toujours couru, mon métier m’a souvent obligé à de nombreux déplacements professionnels et même en zone industrielle, même à l’étranger, j’avais ma paire de baskets pour courir ! C’est vital, et grisant, ce sentiment de liberté.

F : Avez-vous pratiqué ou pratiquez-vous encore d’autres sports ?
R-M : Seulement du ski et du vélo pour « reposer les jambes ». Sinon, en plus du marathon et des 100 km, j’ai déjà fait 3 triathlons, et un ultra-trail. Pour celui des Balcons d’Azur, j’étais bien, mais mes chaussures m’ont lâché.  Le matériel, ça compte beaucoup aussi, même si on n’a besoin que de chaussures et de vêtements respirants, si on a mal aux pieds ou froid, cela peut gâcher complètement la course !

F : Quelle est votre fréquence d’entrainement ?
R-M : Je fais 3 sorties par semaine : 2 fois 1h30 en fractionné le mardi et jeudi, et 1 grosse sortie entre 3 et 4 H, le samedi.

F : Meilleur et pire souvenir de course ?
Le meilleur ça va devenir Millau, car je n’ai qu’une envie, recommencer ! Le pire c’est sans doute en 91, lors du raid olympique organisé entre Albertville et Barcelone. J’ai eu la chance à l’époque de travailler pour une grande chaîne de supermarchés et d’avoir un dossard pour courir par équipe. L’équipe était composée de 12 personnes dont des groupes de 4 avec 3 « pros » et un amateur. On courait jour et nuit pendant trois jours en se relayant avec une voiture suiveuse. C’était une superbe expérience pendant laquelle j’ai appris l’humilité. En fait, j’étais plutôt mauvais par rapport aux autres de l’équipe plus expérimentés et plus entrainés et comme je marchais mieux dans la descente, j’ai voulu tout donner lors d’une partie de la cours en descente, j’y ai mis mes tripes et lorsque je suis remonté dans la voiture, assez content de moi finalement, un autre coureur m’a mis la main sur l’épaule et m’a dit : « c’est pas grave, René-Maurice, tu as fait ce que tu as pu ! », ça aide à relativiser et à rester humble…

F : Qu’est ce qui vous a fait progresser le plus radicalement ?
R-M : Les suppléments, l’entrainement, l’alimentation.
Les conseils de Markus de Fitadium m’ont aidé notamment sur cette course longue durée de Millau, pour laquelle je sentais qu’il faudrait passer à l’étape supérieure. Je me suis inscrit car j’en ai eu l’opportunité et je me sentais prêt. J’ai donc pris des suppléments, alors que je n’en avais jamais utilisé jusque là, mis à part les boissons sucrées de l’effort.
J’ai donc pris des acides aminés, des BCAA, essentiels pour la récupération et la recharge énergétique. J’ai également testé le Jack3D, qui donne vraiment la pêche.
Ensuite, je me suis entrainé autrement. J’ai baissé la fréquence de mes entrainements de 5 à 3 fois par semaine.
Pour finir, j’attache beaucoup d’importance à mon hygiène alimentaire. Je mange bio, et je ne mange plus du tout d’aliments à base de gluten. Notre corps ne sait pas assimiler le blé et le gluten est un poison pour le corps. Depuis plus de 10 ans, j’ai adopté cette alimentation préconisée par le Dr Seignalet, à base de pâte de riz et de gâteaux sans gluten. Je mange des protéines, pas de viande rouge, peu de viande blanche et beaucoup de poisson. Je ne me prive pas de dessert, mais je mange des sorbets, des fruits.  Je n’ai aucun problème, mon corps répond bien. Je dors suffisamment, je ne fais surtout pas d’excès que j’aurai à payer après.

F : Mesurez-vous vos performances ?
R-M : Je ne mesure pas mes performances, je cours sans montre, sans cardio-fréquencemètre, j’y vais au feeling et j’écoute mon corps. Si ça fait mal, je lève le pied, sinon je laisse aller.

F : Qu’est-ce qui vous pousse à continuer ?
R-M : Le plaisir de courir, de découvrir une ville ou une région en la parcourant à pied. C’est magnifique de courir dans New York, Paris, Millau, ça laisse des souvenirs en images. Se dépasser aussi, ça me motive, je ne cherche pas à dépasser les autres mais seulement à me dépasser moi-même. Ferdinand Porsche a dit : « Se dépasser soi-même, la seule course qui ne finit jamais ! »

F : Quels sont vos modèles, vos athlètes préférés ?
R-M : Je n’ai pas le culte de la performance, je suis content de mes résultats (en cat V2M, 18°/ 100 et au général 13°/100), mais j’admire cet homme qui a fait 40 fois les 100 km de Millau. Cette année, pour le 40° anniversaire de cette course, on lui a donné le dossard N° 1 et il a encore une fois franchi la ligne d’arrivée. Cet homme*, je lui tire mon chapeau.  J’admire aussi ceux qui mettent un point d’honneur à terminer et j’ai toujours une pensée pour eux lorsque je franchis la ligne d’arrivée, surtout dans les épreuves longue distance, où on peut voir passer les derniers encore longtemps après, une fois qu’on est douché, reposé, repu…
Au départ, on est 3100 inscrits et seulement 2400 à l’arrivée, il y a des abandons. Tous ces athlètes inconnus, déterminés dans l’effort, je salue leur courage !

*Jean-Pierre LUCAS, le seul à avoir bouclé 40 fois les 40 éditions de la course, pour la première fois en 13h à la 31ème place et aujourd’hui en 17h55′ soit à la 2246ème place.

F : Quelle est votre épreuve préférée ?
R-M : Millau, il y a une ambiance particulière, celle des marathons d’avant où la solidarité prime sur la performance, au passage, une main sur l’épaule de celui qui est en difficulté pour lui donner la force de continuer. Il y a un rapprochement dans l’effort qui est une belle expérience. Le parcours est fait de telle sorte qu’on croise les concurrents, ceux qui sont devant vous dans un sens, et ceux qui sont derrière vous, dans l’autre sens, entre Millau et Sainte Afrique, étant donné que le seul impératif est de terminer en moins de 24 heures. Les regards se croisent, on est ensemble. On profite du paysage aussi, avec un double passage sous le viaduc de Millau.

F : Avez-vous déjà été blessé ?

R-M : Jamais de blessure, mais je suis attentif aux signaux de mon corps. Je veux me faire plaisir sans me faire mal, alors je fais attention à la nourriture et à l’entrainement qui me conviennent.

F : Objectif à moyen terme, gros objectif en vue ?
R-M : J’aimerais être qualifié pour les Championnats de France en moins de 3h20 pour un Marathon et notamment le Marathon d’Ajaccio fin mars, pour lequel je commencerai à m’entrainer dès le début d’année prochaine.

F : Votre activité professionnelle vous permet-elle de vous entrainer autant que vous le souhaitez ?
Est-ce un moteur pour évacuer le stress justement ?
R-M : Oui, c’est une question d’envie et d’organisation entre vie professionnelle, vie personnelle et vie sportive. L’équilibre entre les trois est nécessaire.
La course libère l’esprit et rend serein, cela peut aider parfois devant les responsabilités et les décisions à prendre.

F : Vos meilleurs résultats ? classement ? de quoi êtes-vous le plus fier ?
R-M : Mon meilleur score au marathon, c’est 3h17, mais, au risque de me répéter, je suis fier d’avoir fait Millau. En plus, c’est une performance d’équipe, on a droit à un accompagnateur qui suit en vélo. Il est là pour le ravitaillement en plus des ravitos organisés par la course et pour les vêtements secs, chauds si besoin. C’est un soutien constant. On n’est pas seul dans la course.
Ma femme a rempli ce rôle à merveille et c’est un grand confort de ne pas avoir à se soucier de l’intendance et de partager ces moments de course intenses.

F : Pensez-vous courir encore dans 15 ou 20 ans ?
R-M : J’espère, en tout cas il n’y a pas de raison que j’arrête, si mon corps me le permet. Je me mettrai à courir, autrement, j’essaierai d’être encore plus à l’écoute de mon corps et de moins viser la performance, mais tant que le plaisir de courir est là…

F : Quelles sont les étapes courses qui rythment votre année ?
R-M : Je vise une ou deux grosses courses par an, l’an prochain le marathon d’Ajaccio et de nouveau Millau…

F: Prenez-vous des suppléments ? à l’entrainement, avant la course, pendant, après la course ?
Comme je l’ai dit, c’est une découverte récente que je dois à Fitadium, je me suis senti porté pendant ces 100 km. Les 85 premiers km, je les ai à peine sentis, ensuite les 15 derniers, cela a été plus difficile, avec la nuit qui tombe et la fraîcheur.

F : Quel conseil donneriez-vous à un débutant ou à quelqu’un qui souhaite progresser radicalement ?
R-M : Je lui dirais de faire ce qui moi, me réussit: ne pas forcer, ne pas essayer de performer à tout prix et s’écouter, avec en prime une bonne hygiène de vie qui passe par l’entrainement, l’alimentation et les suppléments. Et de bonnes chaussures aussi !

Merci René-Maurice

Interview par Chris de Fitadim.

 

 

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