La créatine accusée de provoquer des cancers

La créatine encore une fois incriminée, serait-ce une accusation injuste ? D’où vient cette information ?

Une étude scientifique récente de la Brown University aux USA  a été citée dans un article qui faisait un amalgame peu rigoureux (scientifiquement parlant) entre la consommation de certains suppléments et l’apparition de cancer de la prostate. Or, non seulement cette étude n’a pas fait l’objet d’une méta-analyse (confrontation à d’autres études sur le même sujet mais ayant suivi un autre protocole d’étude permettant d’établir une « vérité » scientifique) mais de plus, ce genre d’étude s’apparente davantage à une hypothèse élaborée par des scientifiques et étayée de statistiques plus ou moins pertinentes et qui ont pour vocation d’initier un débat sur un sujet donné. C’est la raison pour laquelle on vous met régulièrement en garde sur l’interprétation de certaines études auxquelles vous pouvez avoir accès sur internet et qui ne sont pas à prendre au pied de la lettre car elles ne présentent qu’un volet d’une étude complète.

L’étude en question tente de faire un rapprochement entre la consommation conjointe de créatine et d’androsténedione et l’apparition de cancers des testicules en se basant sur un panel de 900 américains dont 356 atteints d’un cancer des testicules. Ce panel a été choisi car ils avaient tous utilisé des suppléments de créatine et d’androsténedione. Pour rappel, l’androstènedione fait partie des hormones stéroïdiennes, naturellement produite par les testicules chez l’homme et transformée en testostérone.

Quand vous faites une étude sur l’éventuelle toxicité d’une molécule, la première chose à faire est d’isoler la molécule en question. Mettre dans le même panier la créatine qui a fait l’objet de nombreuses études depuis plus de 30 ans, ayant toutes montré son innocuité, et l’androsténedione qui est un stéroïde (dont le risque est connu sur l’apparition de cancers) est une grosse erreur scientifique ! C’est à se demander quelle molécule pouvaient bien prendre les chercheurs responsables de cette étude…

 

Musculation, suppléments et dopage

Sur cette base, l’étude semble vouloir conclure que, dans le cas où les suppléments seraient pris conjointement, les risques cancérogènes seraient plus importants mais toujours en se basant sur une erreur protocolaire originelle. Pourquoi pas… Mais il est coutumier, pour une partie de la communauté scientifique, de s’attaquer à des marchés florissants comme celui du complément alimentaire. L’industrie pharmaceutique est bien souvent à l’origine de ce genre d’études éphémères, surtout aux USA, où le complément détrône beaucoup de médicaments dont les effets secondaires sont légion.

L’étude en question reconnait quand même dans sa conclusion que malgré leurs travaux il est impossible en l’état des connaissances, d’établir un véritable lien de causalité … ! Autrement dit, la créatine serait donc innocentée et leur étude est simplement un effet d’annonce visant à faire le Buzz, ce que bon nombre de journalistes s’empressent de relayer.

Ouf, on a eu chaud ! la créatine n’aurait bien que des effets positifs.

Source : news.brown.edu/articles/2015/04/muscles. Photo Shutterstock.com/IVL

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