Les protéines bonnes ou mauvaises ?

Encore une polémique sur les protéines

Des études accusent les protéines animales d’être dangereuses pour la santé (risque de cancer) mais d’après une autre, elles seraient bénéfiques pour bien vieillir. Encore une fois le maître mot, c’est l’équilibre et la variété et ça ne veut pas dire qu’il faut boycotter les protéines. Nous avons fait le point en résumant pour vous les conclusions de ces études.

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Quatre fois plus de décès chez les consommateurs de viandes et de produits laitiers.
Nos régimes alimentaires occidentaux font la part belle aux viandes, poissons et laitages. Certains régimes minceur se basent également beaucoup sur les protéines animales. Or ce serait une erreur car deux études récentes parues dans la revue Cell metabolism font le parallèle entre une alimentation riche en protéines et la survenue de cancers et la diminution de l’espérance de vie.
En évitant au maximum les sucres et les graisses, les consommateurs lambda se reportent sur les protéines jugées inoffensives, tout comme les sportifs et les personnes au régime, dont l’alimentation les privilégie toujours. Or ce ne sont pas des nutriments anodins, car, bien que bénéfiques, ils ont aussi leurs défauts en cas d’excès, comme tout autre nutriment et risquent de fatiguer le foie et les reins, surtout à long terme. C’est ce que cette étude qui a suivi des américains pendant 20 ans, révèle que les décès étaient 4 fois plus élevés chez les gros consommateurs de protéines animales. Le lien entre protéines et cancer n’est pas direct mais l’IGF-1 qui est la molécule de la croissance musculaire est aussi celle qui fait grossir les tumeurs.
Ce n’est pas le cas des consommateurs de protéines végétales, aussi l’étude australienne suivante réalisée sur des souris, donnerait raison aux végétariens et il faudrait réintroduire les légumineuses et les céréales complètes dans les régimes de musculation. Non seulement ces aliments sont hyper nutritifs mais en plus ils coûtent moins cher que la viande (au sujet de laquelle on nous annonce une pénurie dans plusieurs années). Les souris vivant le plus longtemps ont en effet été celles consommant le plus de glucides lents. Ce régime ne convient pas forcément à l’homme, car les glucides favorisent le surpoids, autre cause de décès.

Un cerveau en meilleure forme pour les séniors avec les protéines
Ne stigmatisons toutefois pas les protéines, car d’autres études montrent que pour vieillir en forme, sans perte musculaire et osseuse, mieux vaut consommer des protéines, d’autant plus qu’après 65 ans l’IGF-1 diminue et que la part risque/bénéfice s’inverse.
Cette autre étude japonaise publiée dans le Journal de l’American Geriatrics Society a mis en évidence que la consommation de protéines animales empêchait le déclin des capacités cognitives et améliorait la vie quotidienne.
L’étude portant sur plus de 1000 sujets a tenté de mesurer le lien entre l’apport en protéines et le déclin de la capacité chez les adultes japonais d’une moyenne d’âge de 67,4 ans. Il se trouve que les sujets ayant consommé le plus de protéines animales ont eu le plus faible risque de déclin cognitif, comparé aux autre groupes.
Le fait que le vieillissement soit ralenti du fait de simples améliorations nutritionnelles est un espoir pour la santé et l’économie, puisque l’espérance de vie ne cesse d’augmenter.
De plus, après 65 ans, une alimentation riche en protéines réduirait au contraire les risques de décès de 28% et de cancer de 60%.
L’idéal serait d’en consommer moins à l’âge jeune et d’en consommer davantage lors de la maturité pour profiter pleinement des avantages des protéines sans leurs inconvénients.

Sources : Low Protein Intake Is Associated with a Major Reduction in IGF-1, Cancer, and Overall Mortality in the 65 and Younger but Not Older Population
Morgan E. Levine, Jorge A. Suarez, Sebastian Brandhorst, Priya Balasubramanian, Chia-Wei Cheng Federica Madia, Luigi Fontana, Mario G. Mirisola, Jaime Guevara-Aguirre, Junxiang Wan, Giuseppe Passarino, Brian K. Kennedy, Min Wei, Pinchas Cohen, Eileen M. Crimmins, Valter D. Longo
Journal of the American Geriatrics Society, Published online ahead of print, doi: 10.1111/jgs.12690 « Animal Protein Intake Is Associated with Higher-Level Functional Capacity in Elderly Adults: The Ohasama Study » Authors: Eri Imai, Megumi Tsubota-Utsugi, et al. Photo Sasha Goldberger, golem13.fr, cuisson-basse-temperature.net

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