Acide aminé essentiel, la phénylalanine doit être apportée par l’alimentation et les protéines complètes (viandes rouges, viandes blanches, lait, produits laitiers…).
Elle permet la synthèse des neurotransmetteurs et des catécholamines par le biais de la tyrosine dont elle est le précurseur.
Qu’est-ce que la phénylalanine ? Définition…
La phénylalanine fait partie des neuf acides aminés essentiels nécessaires à la synthèse des protéines du corps humain.
Elle appartient au groupe des acides aminés aromatiques, avec la tyrosine et le tryptophane : sa formule (C9H11NO2) ajoute un cycle benzénique au squelette commun des acides aminés.
Elle est surtout le précurseur de la L-tyrosine, et sert à ce titre de base à la cascade qui aboutit aux hormones thyroïdiennes et à la fabrication des catécholamines (Phénylalanine > Tyrosine > L-Dopa > Dopamine > Noradrénaline > Adrénaline).
Ces trois acides aminés empruntent le même transporteur pour entrer dans le cerveau : un excès de l’un limite le passage des autres, dont le tryptophane, précurseur de la sérotonine.
Les deux formes de la phénylalanine : L et D
Comme la plupart des acides aminés, c’est la forme L (lévogyre) que l’on retrouve dans les aliments et dans nos protéines. La forme D, dextrogyre, a un comportement enzymatique différent.
Où trouve-t-on de la phénylalanine dans l’alimentation ?
Quel aliment contient de la phénylalanine ?
La phénylalanine est naturellement présente dans les aliments riches en protéines d’origine animale ou végétale :
- La spiruline en est la plus riche (2,7 g/100 g).
- Le tofu suit de près (2,3 g/100 g).
- Certains fromages, dont le parmesan, en approchent 2 g/100 g ; le lait et l’oeuf entier tournent autour de 0,7 g/100 g.
- La viande, rouge ou blanche (boeuf, dinde, veau…), en est riche (1,5 à 1,6 g/100 g).
- Le poisson (thon, saumon, cabillaud) se situe autour de 0,8 à 1 g/100 g.
- Les légumineuses (lentilles, fèves, pois chiches) en donnent 0,4 à 0,5 g/100 g cuites, les céréales complètes un peu moins.
- Les graines (courge, sésame, tournesol) et les noix dépassent le gramme pour 100 g.
- Elle est retrouvée en très faible quantité dans les fruits.
Quelle quantité viser ? Les valeurs de référence situent le besoin en acides aminés aromatiques (phénylalanine et tyrosine) autour de 25 mg par kilo de poids corporel et par jour, soit 1,8 g pour 70 kg : un repas avec 150 g de viande ou de poisson en fournit déjà l’essentiel.
Quel est le rapport entre la phénylalanine et l’aspartame ?
L’aspartame est un édulcorant artificiel (E 951) présent depuis plus de 40 ans dans les aliments transformés ou allégés en sucre.
Découvert dans les années 1960, il est faible en calories mais doté d’un pouvoir sucrant élevé (200 fois plus que le sucre). Il s’agit d’un dipeptide synthétisé à partir de la phénylalanine et de l’acide aspartique.
La digestion le sépare en ses deux acides aminés : tout produit édulcoré porte donc la mention « contient une source de phénylalanine », destinée à ceux qui doivent la limiter. Les autorités de santé européennes fixent la dose journalière admissible de l’aspartame à 40 mg par kilo de poids corporel. La phénylalanine, elle, n’a pas de dose journalière admissible : c’est l’édulcorant qui en porte une.
La phénylalanine est-elle un sucre ?
Non. C’est un acide aminé, un constituant des protéines, sans pouvoir sucrant propre. La confusion vient de l’aspartame, fabriqué à partir d’elle, et de sa mention sur les étiquettes.
Quelle quantité de phénylalanine par jour ?
Les apports de référence sont exprimés pour le couple phénylalanine et tyrosine, les deux acides aminés étant interconvertis : environ 25 mg par kilo de poids corporel et par jour, soit à peu près 1,8 g pour une personne de 70 kg. Un repas contenant 150 g de viande ou de poisson en apporte déjà l’essentiel, et une journée ordinaire avec trois sources de protéines dépasse largement ce repère.
C’est la raison pour laquelle une carence isolée ne s’observe pas dans une alimentation courante. La question pratique n’est donc pas d’en consommer assez, mais de savoir qui doit au contraire en limiter l’apport.
Quel est le rôle de la phénylalanine dans l’organisme ?
Rôle dans la synthèse de tyrosine, précurseur de dopamine
La conversion se joue surtout dans le foie, qui transforme en tyrosine l'essentiel de la phénylalanine alimentaire non incorporée aux protéines. L’enzyme responsable de cette conversion, la phénylalanine hydroxylase, est celle qui fait défaut dans la phénylcétonurie.
La tyrosine ainsi produite est aussi à l’origine de la mélanine, le pigment de la peau, des cheveux et de l’iris.
Indirectement, elle alimente donc la voie des catécholamines. Sur la vigilance, la concentration ou l’humeur, la recherche sur la phénylalanine reste exploratoire. Sa fonction première reste pourtant la construction des protéines : la voie des catécholamines n’en capte qu’une petite part.
Phénylalanine et régulation de l’appétit
La phénylalanine stimule la libération de cholécystokinine, une hormone de l’intestin grêle qui agit sur la satiété et la sécrétion des sucs gastriques. Les données disponibles restent trop minces pour en faire un coupe-faim.
Les compléments alimentaires contenant de la phénylalanine
Les EAA : complexes d’acides aminés essentiels
Les complexes d’acides aminés essentiels contiennent naturellement de la L-phénylalanine.
Elle y figure en quantité modeste, la dose se répartissant entre les neuf acides aminés.
Ces complexes se prennent en petites doses, souvent autour de l'entraînement : reportez-vous au tableau nutritionnel du produit pour connaître son apport énergétique et sa teneur en glucides.
Dans l’alimentation, la phénylalanine arrive avec les protéines, et c’est à elles que revient l’effet reconnu à l’échelle européenne : les protéines contribuent au maintien de la masse musculaire. Une protéine en poudre en fournit près de 3 g pour 100 g.
La supplémentation en phénylalanine de manière isolée, avant ou pendant l’exercice, ne se justifie pas a priori.
La phénylalanine présente-t-elle un danger ou des effets secondaires ?
Sous forme de complément, elle est vendue isolée ou intégrée à des complexes d’acides aminés.
Cependant, nous ne pouvons que vous encourager à obtenir un avis médical avant toute supplémentation en phénylalanine ou en tyrosine étant donné qu’ils sont précurseurs des neurotransmetteurs, de la dopamine et de l’adrénaline en particulier.
A priori, cet acide aminé ne présente pas d’effets secondaires particuliers lorsqu’il est pris selon les dosages conseillés. Un surplus de phénylalanine pourrait entrainer des troubles nerveux ou émotionnels.
À l'inverse, une carence isolée en phénylalanine ne s'observe pas avec une alimentation courante : dès qu'une source de protéines figure au repas, les apports couvrent largement les besoins.
Qui doit en limiter l’apport ?
Trois situations. Les personnes atteintes de phénylcétonurie, qui suivent un régime contrôlé à vie. Les femmes enceintes ou allaitantes et les enfants, pour qui une supplémentation isolée n’a pas d’intérêt démontré et se décide avec un médecin. Enfin toute personne sous traitement agissant sur les neurotransmetteurs, qui doit demander un avis médical avant d’ajouter un précurseur de la dopamine à son alimentation.
Dans tous les autres cas, l’apport alimentaire suffit et ne demande aucune surveillance particulière.
La phénylalanine est-elle une drogue ?
Non. C’est un nutriment consommé chaque jour à table, pas une substance psychotrope : ni effet euphorisant, ni dépendance, ni inscription sur la liste des substances interdites en compétition. La confusion tient à son statut de précurseur de la dopamine, dont la production reste régulée.
La phénylcétonurie : une maladie génétique rare où une enzyme, la phénylalanine hydroxylase est en défaut
Une maladie génétique peu courante, la phénylcétonurie, entraîne une accumulation de l’acide aminé dans le sang car elle ne peut être métabolisée en tyrosine par voie hépatique due à l’absence d’une enzyme, la phénylalanine hydroxylase.
Elle concerne de l’ordre d’une naissance sur 16 000 en France et fait l’objet d’un test de dépistage néonatal systématique, sur quelques gouttes de sang prélevées dans les premiers jours de vie. Repérée à temps, elle se contrôle par un régime qui limite fortement les protéines.
Non traitée, elle provoque une atteinte neurologique irréversible. Le régime doit être suivi à vie et encadré par un centre spécialisé, avec des mélanges d'acides aminés dépourvus de phénylalanine pour couvrir malgré tout les besoins en protéines.