La proline est un acide aminé qui entre dans la composition des protéines structurelles de l’organisme, à commencer par le collagène (1) et l’élastine.
Dans le collagène, elle voisine avec la glycine et la lysine, selon un motif très répétitif.
Vous pouvez l’apporter sous forme libre (L-proline), sous forme de collagène alimentaire en poudre, ou simplement par votre assiette.
Qu’est-ce que l’acide aminé proline ? Définition
La proline est un acide aminé protéinogène, c’est-à-dire qu’elle participe à la fabrication endogène de vos propres protéines fibreuses et musculaires.
Votre organisme la synthétise à partir du glutamate (acide glutamique) et de la glutamine, par un intermédiaire commun, le pyrroline-5-carboxylate. [conserver les deux liens existants sur « l’acide glutamique » et « la glutamine »]. Cette fabrication a un coût : elle mobilise de l’azote et de l’énergie que le métabolisme prélève ailleurs.
Le collagène est particulièrement présent dans les tendons, les ligaments, le cartilage et la peau ; la proline figure parmi les acides aminés les plus représentés dans sa séquence.
L-proline ou proline : quelle différence ?
Comme presque tous les acides aminés, la proline existe sous deux configurations en miroir, L et D. Seule la forme L est intégrée aux protéines par vos ribosomes : la L-proline est un acide aminé protéinogène, la forme D ne l’est pas. C’est pourquoi les étiquettes de compléments alimentaires mentionnent presque toujours « L-proline » : quand un emballage indique « proline », il s’agit de la même molécule.
La proline forme des chaînes d’acides aminés polypeptidiques
. Elle impose surtout un coude à la chaîne : partout où elle s’insère, elle bloque une rotation et rigidifie l’édifice.
Cette contrainte donne leur tenue aux tissus conjonctifs et fibreux et rend possibles les hélices à proline du collagène.
La proline est-elle un acide aminé essentiel ?
Non. La proline est un acide aminé non essentiel : cela signifie que vous savez la fabriquer vous-même, pas qu’elle serait secondaire. Sans elle, aucune synthèse du collagène n’est possible.
On la range parfois parmi les acides aminés semi-essentiels : les besoins peuvent dépasser la production endogène en période de croissance, d’effort répété ou de réparation tissulaire. Une alimentation équilibrée en apporte en moyenne 500 à 3000 mg par jour.
Quelle est la structure de la proline ?
Sa formule brute est C5H9NO2, pour une masse molaire d’environ 115 g/mol. Son atome d’azote est engagé dans un cycle à cinq atomes : c’est une amine secondaire, la seule de ce type parmi les acides aminés protéinogènes. Ses résidus se lient facilement en peptides, ou se transforment en dérivés comme l’hydroxyproline.
Où trouve-t-on de la proline ?
Les compléments alimentaires de collagène en poudre en apportent une quantité appréciable, de même que son dérivé hydroxylé, l’hydroxyproline. Quelle que soit l’origine de la matière première, bovine, porcine ou marine, la composition varie peu : la proline représente environ 12 % des acides aminés du collagène, soit près de 1,2 g pour une dose usuelle de 10 g.
Quel aliment contient de la proline ?
Surtout les aliments à base de collagène, mais elle est présente dans la plupart des sources de protéines.
- On en retrouve une forte concentration dans la gélatine en poudre (5 à 7 g/100 g).
- Le lait et les produits laitiers en apportent aussi.
- Le bouillon de volaille en contient beaucoup : il est fabriqué à partir d’os frais, de peau et de carcasse, les parties les plus riches en collagène.
- Le bœuf, l’agneau, les poissons et le fromage en contiennent une quantité appréciable, la viande de porc un peu moins. Le poulet en apporte relativement peu (environ 2,2 g/100 g).
- Des légumes comme le chou en contiennent relativement plus (près de 3 g/100 g).
Aucun végétal ne fabrique de collagène : les légumes n’apportent que la proline liée à leurs propres protéines, un apport plus dispersé sans produits animaux.
Quels sont les rôles et bienfaits de la proline dans l’organisme ?
Le collagène représente environ un tiers des protéines du corps humain : la proline intervient dans la quasi-totalité des tissus de soutien. Contrairement aux acides aminés essentiels, elle n’a pas besoin d’être apportée chaque jour pour que la synthèse protéique se poursuive.
Peau, muscles, ligaments, tendons, os, vaisseaux : la proline fait partie des acides aminés que l’organisme mobilise lorsqu’il assemble ses protéines structurelles, le collagène au premier rang.
- Elle entre dans la composition des gaines de collagène qui entourent chaque fibre musculaire.
- On la retrouve dans la paroi des vaisseaux sanguins, qui associe collagène et élastine.
- Son métabolisme est impliqué dans l’équilibre redox de la cellule, un champ de recherche encore actif (3).
Quels sont les rapports entre les acides aminés proline, lysine et glycine ?
Quel que soit le type de collagène, il contient de la proline (sous forme d’hydroxyproline), de la lysine (hydroxylysine) et de la glycine (2).
Sa structure fait apparaître que la glycine revient tous les trois acides aminés, tandis que la proline et la lysine s’insèrent entre elles. Trois chaînes de ce type s’enroulent ensuite l’une autour de l’autre : c’est cette triple hélice qui donne au collagène sa résistance à la traction.
Hydroxyproline et vitamine C : l’étape qui verrouille le collagène
Une fois la proline insérée dans la chaîne, une enzyme, la prolyl-hydroxylase, lui ajoute un groupement hydroxyle : elle devient hydroxyproline. C’est cette modification qui permet à la triple hélice de tenir et à la synthèse du collagène d’aboutir.
Or cette enzyme a besoin de vitamine C, d’où l’allégation autorisée en Europe : « la vitamine C contribue à la formation normale de collagène pour assurer la fonction normale de la peau ». Apporter de la proline sans couvrir vos besoins en vitamine C revient à livrer les briques sans le mortier.
Proline et cheveux : ce que dit la biologie
La tige du cheveu est faite de kératine, une protéine qui ne contient pas de collagène : aucun apport de proline ne modifie sa composition. Le follicule, lui, est ancré dans un derme dont la trame est collagénique. C’est la nuance que les arguments associant collagène et cheveux escamotent.
Comment utiliser la proline en complément alimentaire ?
Trois formats coexistent, dont l’utilisation diffère.
- La L-proline isolée, en poudre, pour un apport ciblé de quelques centaines de milligrammes à quelques grammes.
- Les peptides de collagène hydrolysés, dosés le plus souvent autour de 10 g par jour, qui apportent aussi glycine, hydroxyproline et lysine.
- La gélatine alimentaire ou un bouillon maison, la voie la moins coûteuse.
Sur la qualité, le repère utile est le degré d’hydrolyse : des peptides de faible masse moléculaire se dispersent mieux à froid et évitent la texture gélifiée. L’origine, bovine, porcine ou marine, ne change quasiment pas le profil en acides aminés.
Un point de nutrition à retenir : le collagène et la gélatine ne contiennent pas de tryptophane. Ils s’ajoutent à votre apport en protéines, ils ne le remplacent pas.
Sur le plan réglementaire, ni la proline ni le collagène ne font l’objet d’une allégation de santé autorisée en Europe. Les allégations utilisables portent sur les protéines dans leur ensemble : « les protéines contribuent à augmenter la masse musculaire », « les protéines contribuent au maintien de la masse musculaire » et « les protéines contribuent au maintien d’une ossature normale ».
Y a-t-il un danger à prendre de la proline ?
La supplémentation en proline ne présente pas de danger particulier chez l’individu en bonne santé.
Des travaux récents suggèrent cependant que la disponibilité en proline pourrait faciliter la multiplication des cellules cancéreuses et la formation de métastases. Par prudence, mieux vaut ne pas la supplémenter en cas de cancer (4).
Références bibliographiques :
1. Karna E, Szoka L, Huynh TYL, Palka JA. Proline-dependent regulation of collagen metabolism, Cell Mol Life Sci. 2020 May;77(10):1911-1918.
2. Li P, Wu G. Amino Acids. Roles of dietary glycine, proline, and hydroxyproline in collagen synthesis and animal growth, 2018 Jan;50(1):29-38.
3. Lisa E. Vettore et al., Proline metabolism and redox; maintaining a balance in health and disease, Amino Acids 2021 Dec;53(12):1779-1788.
4. Elia L et al., Proline metabolism supports metastasis formation and could be inhibited to selectively target metastasizing cancer cells, Nature Communications, 8, Article number: 15267 (2017)